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( Peinture Homme )
Par Dominique Aymeric, mar. 21 sept. 2004 à 13h 39mn.
Une invitation pour se balader sur les bords d’une Loire imaginaire ; aucune toile peinte sur le motif ou d’après photographies, mais une lente révélation par la couleur d’images mémorisées au fil du temps.
Le sable, le ciel, l’eau se confondent et construisent un espace de silence et de divagation.
Une Loire sauvage, rebelle, nonchalante, dangereuse et charmeuse vous offre toutes les variantes d’ocre et de gris. La lumière plonge d’un nuage, jaillit des remous, s’accroche aux grains de sable. Elle frémit sur les saules, rebondit sur les galets.
Il faut avoir marché à contre-courant pour sentir la force du fleuve et la douceur de la rivière, être resté les yeux fascinés par ces courants qui vous murmurent : « tu es libre ! »
Un fleuve à contempler sans réserve, à protéger à tout prix !
Que « Mémoire de Loire » ne devienne jamais « En mémoire de la Loire ».
Cette exposition a été présentée pour la première fois à l’Hotel de Ville de Montélimar , au mois de Février 2005, en tant qu’invité d’honneur du 40ème salon.
Toute peinture peint la naissance des choses, la venue à soi du visible (Bergson, L’œil et l’esprit)
Un souvenir éclot soudain au bord de la conscience. Voici la mémoire de l’enfance qui laisse s’épancher l’image d’une nature sereine et intacte. La main retrace les paradis de rives perdues, dont la pureté vit encore dans les méandres du fleuve et les bouquets d’arbres bleus.
Daniel Maringue relate ces impressions laissées dans le fond d’une âme. Il aime les lueurs entre chien et loup, les crépuscules oubliés. Et lorsque le jour s’apprête à naître ou à mourir et baigne de sa lumière incertaine les rives de la Loire, il recueille au sein de la matière, réceptacle souple et fluide, tous ces instants fugaces. Seule la vision muette peut saisir les silences de couleurs ; seul l’artiste peut donner corps à l’inaudible et façonner ces songes du passé, pour que naissent encore, entre ces bandes de terre et d’eau, des espaces sans bornes, des arbres immenses.
Chaque toile crée son rythme propre. Variation autour des heures, des saisons, elle trouve là ses motifs principaux et déploie, à sa façon, un temps nouveau : un présent qui dure toujours.
De la terre humide s’élèvent alors des effluves, aux exhalaisons des bois se mêlent les brouillards matinaux. L’air s’emplit de rosée. Ici, un sentier à peine foulé. Là, un banc de sable, dont la claire présence semble à jamais ancrée au centre du paysage. Les contours demeurent indistincts, hésitant encore à se dévoiler au promeneur.
Pourtant, imperceptiblement, les arbres voraces vont se rendre maîtres des lieux et capturer les teintes ultimes, les chants des oiseaux venus se perdre en eux. Troncs et branches disparaissent ainsi dans la masse épaisse, compacte des feuillages. Les ombres ouatées grandissent, s’allongent, jusqu’à s’étendre à la surface du fleuve et se métamorphoser en reflets. Le soir a vaincu. Tout devient plus dense, plus fragile également. De la terre au ciel, du ciel à la terre, le regard embrasse ces corps invisibles devenus palpables, ces bruissements, et s’imprègne des derniers miroitements.
L’artiste ne sait pas mentir ou, quand il le fait, ce n’est que pour rendre plus vraie encore une vision idéale. Il nous apprend à regarder, à discerner les forces tapies, que nous ne soupçonnions plus. Les saules de sa mémoire ploient sous les vapeurs légères, s’inclinent devant le vent qui les frôle ; l’improbable modèle un monde à sa mesure, et chaque instant, chaque espace se mue en une réalité plus pure.
Anne-Sophie REINEKE
( Peinture Homme )
Par Dominique Aymeric, mar. 21 sept. 2004 à 13h 35mn.
Joël Barbiero, peintre, vit et travaille à Cournon, Puy-de-Dôme, Auvergne, France.
L’expression d’une vibrante liberté Aujourd’hui, est un beau jour. Dame harmonie préside à notre rencontre dans l’atelier du peintre. Il y a la douceur du soleil d’automne, il y a l’enthousiasme du photographe Philippe Da Costa, il y a ma joie de retouver Barbiero que je respecte et que je vais encore découvrir, il y a son sourire, son rire... « Tu es comme le dalaï lama, à chaque phrase tu ris, lui dis-je dans son atelier gorgé de lumière, mais tu médites sans doute encore plus que lui », nouveaux rires.
Barbiero nouveau né, s’est vêtu de blanc où plus exactement, ses toiles se sont encore dépouillées de ses couleurs qui pourtant, furent toujours remarquables et discrètes. Barbiero n’aime pas le pourquoi ? Je lui fait donc grâce de lui demander pourquoi le choix du blanc. A l’écoute de ses peintures, je trouve que son blanc est la somme de toutes ses couleurs, mais aussi la recherche d’une élévation nouvelle encore plus parfaite, plus épurée de sa vision. Je ne peux m’empêcher de voir la robe blanche de Saint-François en prière, peinture de Zurbaran au musée des Beaux-arts de Lyon.
Quel est le fil conducteur de l’oeuvre de Barbiero ? Que disent ces immenses toiles (195x195) ou celles plus petites ? Peut-être que la pierre philosophale est blanche, qu’elles vont peu à peu vers une plus belle nudité, comme on va à la source dans cette terra incognita, où Barbiero peint en même temps qu’il découvre son paysage intérieur. Paysage nourri d’une poésie que son regard perçoit dans la nature qui l’entoure. C’est avec un grand métier (qu’il exerce aussi parfois pour se détendre dans des travaux d’école) qu’il maîtrise la matière pour en faire vibrer l’esprit poétique.
L’oeuvre de Barbiero depuis toujours me fait penser à celle de Giotto. Comme chez Giotto, la nature est vue dans son ensemble, dans ses grandes masses, la terre du sol, l’horizon des montagnes opposant une profondeur au bleu transparent du ciel. Ses formes allant toujours vers plus de simplicité, d’ordre, de sérénité, rencontrent une vibrante liberté.
L’oeuvre de Barbiero se poursuit dans l’architecture et l’environnement ; travail monumental dans la lave, Mairie de Cournon ; la Croisée des chemins à Bussy Saint-Georges en Seine et Marne, tables d’orientation au parc Montjuzet à Clermont-Ferrand.
Contact : Joël Barbiero, tél. 06 08 31 74 36, ou Joël Barbiero (ou par formulaire).
Une petite anecdote pour amuser Barbiero et tous les autres peintres :
« Une fois de plus, le peintre Tanguy était dans la plus grande dèche. Ses amis cherchent le moyen de l'aider. Ils découvrent un riche collectionneur de tableaux à qui ils montrent des peintures de Tanguy. L"amateur regarde et dit, loyal : « Que voulez-vous, je ne comprends rien à cette peinture, je ne me vois pas vivre avec elle. Mais si c'est pour aider quelqu'un de qualité, je veux bien lui donner ma grille à repeindre, je le paierai un bon prix ». Tanguy peignit la grille ». Extrait de La beauté sauvera le monde de Bernard Bro.
( Sculpture Homme )
Par Dominique Aymeric, lun. 20 sept. 2004 à 14h 01mn.
Sensualité et abstraction
Nous sommes partis dans la montagne, Carlos da Costa et moi, par une superbe matinée d’automne pour découvrir en pleine nature l’atelier du sculpteur Alain Dumas.
Alain Dumas nous attend, réservé. Il nous conduit directement dans une salle d’exposition de ses sculptures, une douzaine environ. Je suis spontanément attirée par Isis, sculpture en granit de Manson, 80 cm, sur socle d’ardoise. « La forme abstraite mais courbe m’inspire la fécondité. Il faut du temps pour trouver son écriture mais je travaille toujours dans le sens de l"élévation et de la sensualité ».
Je pense tout de suite à l’oeuvre de Henry Moore, à une abstration lyrique. Et peut-être que Alain Dumas pourrait écrire comme Moore a écrit : « La figure humaine est ce qui m'intéresse le plus, mais j'ai trouvé des éléments formels et rythmiques dans des objets naturels que j'ai observés, tels que cailloux, rochers, os, arbres, plantes, etc. »
Légendes photos :
Sont à venir les photos des réalisations monumentales réalisées par l’artiste dans l’environnement, et dans la chapelle du Centre diocésain.
Texte du Pape Pie XII, exposé dans l’autel de l'artiste, aux côtés d’une vierge d’Ivoire, de coquillages, de pierres, de roses des sables… dans l’atelier d’Alain Dumas
« Le beau doit nous élever. La fonction de tout art consiste à briser l’espace étroit et angoissant du fini dans lequel est plongé l’homme tant qu’il vit ici-bas, pour ouvrir une sorte de fenêtre à son esprit qui tend vers l’infini. En face d’une culture sans espérance, faites donc sourire sur la terre, sur l’humanité, le reflet de la beauté et de la lumière divine et vous aurez, en aidant l’homme à aimer tout ce qu’il a de vrai, de noble, de juste, de pur, d’aimable, contribué grandement à l’oeuvre de la paix ».
( Peinture Homme )
Par Dominique Aymeric, lun. 20 sept. 2004 à 13h 35mn.
Thomas Péchadre vit et travaille à Lyon- Rhône-Alpes-France.
Entre l’instinct et la raison, jusqu’à l’obsession.
J’ai envie de parler de démesure en regardant les toiles de Thomas Péchadre. Une démesure, qui comme le dit Henri Michaux : « Est la vraie mesure de l’homme, de l’homme insoupçonné ». La démarche de Thomas Péchadre consiste d’abord à s’interroger sur la relation entre l’instinct et la raison et leurs places dans nos actions.
« Je peins déjà depuis longtemps -(Thomas Péchadre a 23 ans)- mais mon entrée réelle en peinture est plus récente. C’est amusant, un jour j’ai trouvé un lot de toiles sur chassis à acheter pour rien, vraiment pour rien, alors je me suis dit, il n’y a pas à hésiter, j’ai pris les toiles et depuis, j’entretiens un vrai discours avec la peinture ».
Un discours qui ressemble à une rencontre avec soi-même, à une découverte de soi la plus authentique. On n’est pas dans un quelconque confort esthétique, au contraire le peintre ici s’exprime dans une gestuelle très forte, compulsive, Thomas Péchadre parle de "gerbes" sur la toile pour signifier l’instinct par opposition au carré "la raison".
Se libérant de tout retour sur soi-même, les projections envahissent les toiles du peintre comme les élans de l’instinct envahissent l’esprit. « Le concept, dès que je peins s’envole. Je me donne totalement avec la matière et alors dans l’instant que je vis, c’est que du plaisir ». Le résultat : 30 toiles sans titre, pour la plupart de 1m50x1m50, s’inscrivent dans le premier volet d’une démarche qui en comporte trois. (à suivre).
Les photographies des toiles sont réalisées par Carlos da Costa.
A voir en permanence, atelier Pechadre, 57, Rue Blatin à Clermont-Ferrand-Auvergne-France.
Sur rendez-vous au 04 72 07 79 28.
Contact: Thomas Péchadre (ou par formulaire)
Légende photos : le peintre et ses toiles.
Pour Thomas Péchadre et les autres peintres, Dubuffet a écrit : « Je porte, quant à moi, haute estime aux valeurs de la sauvagerie : instinct, passion, caprice, violence, délire ». Un art sage : quelle sotte idée ! L’art n’est fait que d’ivresse et de folie ! Et aussi, Jackson Pollock a écrit : « Ce qui m’intéresse, c’est que les peintres d’aujourd’hui ne sont plus obligés de chercher un sujet hors d’eux-mêmes. La plupart des peintres modernes travaillent à partir d’une source différente. Ils travaillent de l’intérieur ».
( Photographie Homme )
Par Dominique Aymeric, dim. 19 sept. 2004 à 14h 55mn.
Philippe de Parèdès : Photographe
Vit et travaille à Clermont-Ferrand 63000 France.
« Ma passion, c'est les gens, encore les gens, toujours les gens » s’exclame Philippe de Parèdès. Cette passion pourrait conduire à excercer la médecine mais l’artiste photographe qui est aussi guitariste a choisi il y a 25 ans déjà, d’aimer les gens, d’aimer la vie en l’exprimant par la photographie. D’abord, « il y a le côté merveilleux, magique qu"offre la découverte au laboratoire ». Mais ce que préfère Philippe, c’est le reportage. Il ne compte pas les prises de vue qui jouent sans cesse à affiner la sensibilité de l’artiste et qui, dans l’urgence vont souvent au meilleur du ressenti.
Après trois festivals à Venise, il peut dire qu’il a conjugué le côté féerique « l’impression de déambuler dans un grand décor, une grande fête » et le côté sensible qu’il juge essentiel pour la photographie. Derrière les masques, toujours et partout, Philippe de Parèdès a l’art de saisir les regards, la sensualité d’une ville, la musicalité de la vie.
( Photographie Femme )
Par Dominique Aymeric, dim. 19 sept. 2004 à 14h 53mn.
Tina Merandon, photographe vit et travaille à Montreuil en France.
« Les silhouettes des hommes en fuite m’enchantent et m’inspirent ».
J’ai rencontré Tina Merandon lors de sa venue à Clermont-Ferrand-Auvergne-France, dans le cadre du Festival Nicéphore+163 au mois d’octobre, à l’Espace municipal Pierre-Laporte, où elle présentait Portraits d’hommes d’affaires, quatorze photographies couleur de 1x1m. Réservée et sympathique, elle parle de son travail avec sérieux et simplicité.
Sa passion pour la photographie s’exprime depuis treize ans au travers d’une véritable course-poursuite de silhouettes d’hommes en fuite.
Dans une ambiance romans noirs, pollars, Tina Merandon peint l’homme en milieu urbain qui n’arrive plus à faire face à ses responsabilités. Derriére les images glacées et policées des quartiers d’affaires, les cadres stressés nous laissent deviner un monde sauvage, où les relations n’existent pas sans rapports de force. Démunis, leurs attitudes, leurs regards trahissent leur désanchantement, celui du mythe du Golden Boy et nous conduisent dans un univers de profonde solitude.
Tina Merandon travaille actuellement à un livre de photographies sur le thème des hommes dans la ville, qui sera édité en septembre 2004. Elle aime beaucoup la peinture, l’expressionisme allemand à la Kirshner, les films noirs de Fritz Lang comme M le maudit, le photographe américain, Hopper...
Tina Merandon (ou par formulaire)